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Pour une Sécu égalitaire

Le jeudi 3 juin 2004

En 1945 la Sécurité Sociale se veut solidaire, générale, universelle et gérée par ses financeurs, les salariés représentés majoritairement dans les conseils d’administration.

Mais dès sa création, elle devient pour le patronat une conquête sociale à abattre car elle est porteuse, dans une société soumise aux diktats capitalistes, de valeurs de solidarité, d’entraide, de socialisation des moyens et de satisfaction égalitaire des besoins.

La Sécu attaquée

Depuis de nombreuses attaques ont remis en cause ces principes de base :
- plans de déremboursement,
- augmentation de la part à charge des malades,
- augmentation des cotisations sur les salaires...
avec pour effet de réduire la qualité de la prise en charge des soins pour les plus pauvres.

Une santé à trois vitesses

Aujourd’hui le plan dans les cartons du gouvernement est d’une autre ampleur.

Il vise à privatiser la Sécu en instaurant un système à trois vitesses :
- une protection minimum prise en charge par la Sécurité Sociale pour les maladies les plus graves,
- une protection complémentaire facultative - par des mutuelles ou des assurances privées - pour couvrir les soins les plus courants (une aide serait accordée par l’Etat pour les plus démunis, si besoins...),
- et, au dessus, une seconde assurance complémentaire pour la prise en charge des dépenses non prévues par les deux premiers niveaux.

La mise en place de ce système concurrentiel aura pour conséquence prévisible une explosion des tarifs des organismes complémentaires, la disparition des petites "mutuelles".

Les plus riches seront les mieux soignés

Ce projet libéral mettra fin au principe de solidarité et d’accès égal aux soins pour tous. Sous la raison fallacieuse de liberté de cotiser, ne seront libres que ceux qui ont de l’argent. Les maladies graves et les professions exposées seront taxées et paieront plus cher le même droit d’être en bonne santé.

Les pauvres ne pourront pas se payer la même couverture santé que les riches et n’auront droit qu’au soin minimal. Le riche aura toute la protection et l’accès au soin coûteux.
Aujourd’hui, on veut briser la solidarité pour mieux dominer et exploiter. Tout devient marchandise et source de profit. Libéral ou social-démocrate, le capitalisme est ce monde marchand où ne règne que l’argent qui pervertit tout. C’est ce système qu’il faut abolir.

Le "trou de la Sécu"

Agité en épouvantail, le "déficit" de la Sécu a atteint 10 milliards d’Euros en 2003.
Certes les dépenses augmentent, mais les recettes diminuent :
- le chômage et la stagnation des salaires constituent la part la plus importante du manque de recettes...
- Le non-paiement des cotisations patronales et les exonérations de charges pour les exploiteurs représentent chaque année des milliard d’euros non compensés...
- de nombreuses taxes sur l’alcool, le tabac, les primes d’assurances, et d’autres ont été détournées des caisses de la Sécu vers celle de l’Etat...(13 milliards en 2003)

Les assurés ne sont pas responsables du "trou de la Sécu"

Ce qu’on ne nous dit pas, c’est que le déficit représente seulement 3,5% du budget global de la Sécu et correspond à 0,3 % du salaire brut de cotisation en plus. Bref le tapage autour de ce trou, que certains qualifient d’abyssal, est surtout orchestré !

Les convoitises des assureurs

D’un point de vue libéral, un service public n’est rien d’autre qu’un manque à gagner pour une entreprise privée. Le "Marché de la Santé" représente, en 2003, 148 milliards d’Euros qui échappent aux prédateurs financiers. A la porte de la Sécu attendent les assureurs privés et leur envie de récupérer l’argent, aujourd’hui redistribué solidairement, pour le faire entrer dans les circuits des marchés financiers.

La Sécurité sociale nous appartient ! Elle doit se libérer de toute ingérence capitaliste ou étatique. C’est aux acteurs-travailleurs et usagers-bénéficiaires de se la réapproprier puis de la gérer collectivement pour la satisfaction des besoins de toutes et de tous.

Autogestion de la Sécu

L’autogestion et le fédéralisme sont pour nous la seule voie qui nous permettront d’échapper à la fois à l’aumône ultra-libérale et au caporalisme étatique. Et qui dit autogestion dit nécessairement égalité économique et sociale pour toutes et pour tous.
Les anarchistes l’ont toujours dit : il ne peut y avoir de liberté sans égalité. Il ne peut y avoir d’égalité des droits sans égalité économique et sociale. De cette exigence d’égalité découle nécessairement la gratuité totale des soins.

La santé, un service public

Pour nous, anarchistes la construction d’un service de santé public émancipé, autogéré, universel et gratuit est un impératif car nous somme convaincus que dans notre combat contre toutes les oppressions et injustices, la gratuité des services publics et tout particulièrement celui de la Santé, constitue un des leviers permettant de faire basculer ce monde inique vers une société sans classes ni Etat !

Lutter

Parce que le refus de prendre en main son propre avenir se paiera toujours par une exploitation économique et politique, parce que la résignation est un suicide quotidien, nous ne pourrons faire l’économie d’une mobilisation sociale sans précédent et construire la grève générale expropriatrice et autogestionnaire
A nous de construire dès aujourd’hui la convergence des luttes.

Seule la lutte paie !


Voir aussi Projet de loi de loi relatif à la réforme de l’assurance maladie

  • Mots-clés : 1 (triés par nom)
  • santé

    Groupe : social - Rubriques : 2

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